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Peut-on vraiment guérir un traumatisme par le corps ?

Table des matières

Peut-on vraiment guérir un traumatisme par le corps ?

Un traumatisme ne se résume pas à un événement difficile : il peut modifier durablement la manière de se sentir en sécurité, d’habiter son corps et de vivre ses émotions.
Beaucoup de personnes se demandent alors comment guérir un traumatisme : par la parole, par le temps… ou par le corps.
Les recherches en psychologie du trauma montrent aujourd’hui que la guérison ne dépend pas d’une seule approche, mais d’un processus qui peut mobiliser plusieurs dimensions de la personne : corps, émotions, pensées et relations.

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Photo : Aurélie Evalet à Urban Pole Art

Qu’est-ce qu’un traumatisme psychologique ?

Peut-on vraiment guérir un traumatisme par le corps ?

Lorsque l’on parle de traumatisme, deux idées reviennent souvent. La première est que le temps finit toujours par guérir les blessuresLa seconde est que le traumatisme est “stocké dans le corps” et qu’il faudrait donc passer par le corps pour s’en libérer.

Ces deux affirmations contiennent chacune une part de vérité. Cependant, elles sont aussi réductrices, car un traumatisme ne touche pas uniquement notre corps. Il ne touche pas non plus uniquement nos pensées. Il peut affecter notre manière de ressentir, de nous sentir en sécurité, de nous relier aux autres, de prendre des décisions, de vivre dans notre corps et même la façon dont nous nous percevons.

Alors, le corps peut-il participer à la guérison d’un traumatisme ? Est-il indispensable ? Est-il suffisant ?

Les recherches menées depuis plusieurs décennies invitent à dépasser les oppositions simplistes entre les approches “par la parole” et les approches “par le corps”. Elles montrent plutôt que la reconstruction peut mobiliser plusieurs dimensions de la personne, selon son histoire, ses besoins et son parcours.

C’est cette vision nuancée que je vous propose d’explorer dans cet article.

Qu'appelle-t-on réellement un traumatisme ?

 Dans le langage courant, on utilise souvent le mot traumatisme pour désigner un événement particulièrement difficile : une agression, un accident, un deuil brutal, une maladie grave, des violences psychologiques ou sexuelles, une catastrophe naturelle…

Pourtant, en psychologie, le traumatisme ne se résume pas à l’événement lui-même.

On pourrait le définir comme une expérience qui, à un moment donné, dépasse les capacités habituelles d’une personne à faire face à ce qu’elle est en train de vivre. Cette expérience laisse une empreinte qui peut continuer à influencer son fonctionnement bien après que le danger a disparu.

Autrement dit, deux personnes peuvent vivre un événement similaire sans en être affectées de la même manière. L’intensité de la réponse traumatique dépend de nombreux facteurs : l’histoire de vie, les ressources disponibles au moment des faits, le soutien reçu ensuite, les expériences antérieures, le contexte dans lequel l’événement s’est produit…

C’est pourquoi il est important de distinguer trois réalités différentes :

  • l’événement potentiellement traumatique, c’est-à-dire ce qui est arrivé ;
  • la réponse traumatique, c’est-à-dire la manière dont cette expérience continue d’influencer la personne ;
  • le trouble de stress post-traumatique (TSPT), qui correspond à un diagnostic clinique répondant à des critères précis.

Toutes les personnes ayant vécu un traumatisme ne développent donc pas un TSPT. Et inversement, ne pas avoir reçu ce diagnostic ne signifie pas que l’expérience n’a laissé aucune trace.

Cette distinction est essentielle, car beaucoup de personnes souffrent au quotidien des conséquences d’expériences difficiles sans se reconnaître dans l’image parfois très stéréotypée du traumatisme psychologique.

Quand le danger est passé... mais que quelque chose continue

 Certaines personnes ont le sentiment d’être constamment sur leurs gardes. D’autres ont l’impression de vivre essentiellement “dans leur tête”, en analysant tout, en anticipant tout, sans parvenir à retrouver un véritable apaisement.

Certaines racontent qu’elles comprennent parfaitement ce qui leur est arrivé, mais que cela ne change rien à ce qu’elles ressentent. D’autres encore disent ne plus vraiment habiter leur corps. Comme si elles vivaient à côté de lui, sans réussir à ressentir pleinement leurs sensations, leurs émotions ou même le plaisir d’être présentes à elles-mêmes.

Il arrive aussi que la confiance en soi semble avoir disparu, que certaines situations deviennent difficiles à affronter sans que l’on sache toujours pourquoi, ou que des réactions très automatiques apparaissent malgré toute la bonne volonté du monde.

Ces réactions ne sont pas des signes de faiblesse ou de manque de volonté.

Elles traduisent souvent le fait que notre organisme a appris, à un moment de notre histoire, à nous protéger face à une situation vécue comme une menace.

Le problème est que ces mécanismes de protection peuvent parfois continuer à se déclencher alors même que le danger n’est plus présent.

Ils deviennent alors source de souffrance plutôt que de protection.

Traumatisme et mémoire du corps : de quoi parle-t-on vraiment ?

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Pourquoi comprendre ne suffit-il pas toujours ?

C’est souvent l’une des expériences les plus déstabilisantes pour les personnes que j’accompagne.

Elles savent. Elles comprennent. Elles ont parfois longuement réfléchi à ce qu’elles ont vécu. Elles peuvent même expliquer avec beaucoup de lucidité pourquoi elles réagissent ainsi.

Et pourtant… Leur corps continue parfois à se contracter dans certaines situations. Leur respiration se bloque. Leur vigilance reste élevée. Leur confiance ne revient pas. Leur élan semble comme retenu.

Ce décalage est déroutant. Il donne parfois l’impression d’être “bloqué”, alors même que tout semble avoir été compris intellectuellement.

En réalité, il n’y a là rien de paradoxal.

Comprendre une expérience, pouvoir en parler, ressentir ses émotions, percevoir les signaux de son corps ou modifier des réactions automatiques sont des processus différents. Ils sont liés les uns aux autres, mais ils ne se confondent pas.

Il existe déjà un écart entre ce que nous ressentons et ce que nous pensons. Un autre entre ce que nous pensons et ce que nous mettons en mots. Et il peut également exister un écart entre ce que nous exprimons verbalement et ce que notre corps continue de manifester.

C’est précisément pour cette raison que les approches centrées uniquement sur une seule dimension de la personne ne répondent pas toujours à tous les besoins. Lorsque le traumatisme a touché plusieurs facettes de notre expérience, il est logique que la reconstruction puisse, elle aussi, emprunter plusieurs chemins.

Le temps guérit-il vraiment les traumatismes ?

On entend souvent que « le temps guérit tout ». Dans le cas des expériences difficiles, cette phrase peut sembler rassurante. Et effectivement, elle correspond à une réalité partielle : beaucoup de personnes vont voir leur état s’améliorer spontanément après un événement éprouvant. Les émotions s’apaisent, les pensées deviennent moins envahissantes, le sommeil se stabilise, et la vie reprend progressivement sa place.

Mais cette évolution naturelle ne concerne pas tout le monde, ni toutes les dimensions de l’expérience.

Dans certains cas, les traces laissées par une expérience difficile continuent de se manifester bien après les faits. Non pas parce que la personne « n’avance pas », mais parce que certaines réactions internes ont été profondément modifiées.

On peut alors continuer à vivre avec :

  • une hypervigilance persistante (être constamment sur ses gardes)
  • des réactions corporelles automatiques face à certaines situations
  • des ruminations mentales difficiles à interrompre
  • une difficulté à se sentir pleinement en sécurité
  • un sentiment de déconnexion de soi ou de son corps

Dans ces situations, le simple passage du temps ne suffit pas toujours à transformer l’expérience.

Les recommandations cliniques internationales ne considèrent d’ailleurs pas l’attente comme une stratégie de soin lorsqu’une souffrance s’installe durablement. Elles s’appuient plutôt sur des approches psychothérapeutiques structurées, qui visent à permettre une intégration progressive de l’expérience vécue.

Autrement dit : ce n’est pas le temps qui soigne en lui-même, mais ce qui peut se transformer dans le temps lorsqu’un processus de soutien, de mise en sens ou de régulation est engagé.

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Guérir un traumatisme : ce que dit la recherche

Approches efficaces pour la guérison du traumatisme

Les recherches en psychologie et en psychiatrie du trauma convergent aujourd’hui sur plusieurs points importants.

D’abord, il existe des approches qui disposent d’un niveau de preuve solide dans le traitement du traumatisme psychique, en particulier lorsque les symptômes sont intenses ou durables. Parmi elles, on retrouve notamment :

Ces approches ont été largement étudiées et sont recommandées dans de nombreux guides internationaux pour la prise en charge du traumatisme psychique et du trouble de stress post-traumatique.

L’objectif de ces approches n’est pas d’effacer les souvenirs, mais de permettre une diminution de leur charge émotionnelle et une réorganisation de la manière dont ils sont intégrés dans l’histoire de la personne.

Et les approches centrées sur le corps ?

 Depuis plusieurs années, un intérêt croissant se développe autour des approches dites « corps-esprit », qui incluent le travail corporel, le mouvement, la respiration, la conscience corporelle ou encore certaines pratiques psychocorporelles.

Des travaux de recherche suggèrent que ces approches peuvent avoir un impact sur certains symptômes associés aux expériences traumatiques, notamment :

  • la réduction de l’hyperactivation physiologique
  • l’amélioration de la régulation émotionnelle
  • la diminution de certains symptômes anxieux ou dépressifs
  • le retour progressif d’une sensation de sécurité dans le corps

Cependant, la littérature scientifique souligne également que ces résultats doivent être interprétés avec prudence : les études sont encore hétérogènes, et les méthodologies varient fortement selon les recherches.

Cela signifie que ces approches ne sont pas présentées aujourd’hui comme des traitements exclusifs du traumatisme, mais plutôt comme des voies complémentaires possibles, en fonction des besoins de la personne.

Une contribution importante : comprendre l’impact du trauma sur le corps

L’un des apports majeurs des travaux contemporains sur le trauma est d’avoir mis en évidence que les expériences traumatiques ne se limitent pas à la mémoire consciente.

Elles impliquent également :

  • des réponses physiologiques automatiques
  • des modifications des systèmes de stress
  • des réactions de protection (fuite, lutte, figement)
  • des expériences corporelles durables

C’est dans cette perspective que des auteurs comme Bessel van der Kolk (The Body Keeps the Score) ont contribué à populariser l’idée que le corps est profondément impliqué dans les expériences traumatiques.

Son travail a joué un rôle important dans la diffusion de cette compréhension : le traumatisme ne se situe pas uniquement dans les souvenirs, mais aussi dans les réactions corporelles et émotionnelles.

Dans le même temps, certaines de ses interprétations ont été discutées dans la communauté scientifique, ce qui rappelle un point essentiel : la compréhension du trauma est un champ en évolution, où les modèles continuent de se préciser.

Le corps et la parole : faut-il choisir ?

Peut-on guérir un traumatisme uniquement par le corps ?

À ce stade, une confusion fréquente mérite d’être clarifiée. Il ne s’agit pas de choisir entre travailler par la parole ou travailler par le corps.

Dans la réalité clinique et humaine, ces dimensions ne sont pas séparées, puisque le traumatisme peut toucher simultanément :

  • les pensées et le récit que l’on se fait de soi
  • les émotions et leur intensité
  • les sensations corporelles
  • les réactions automatiques
  • le rapport aux autres
  • le sentiment de sécurité intérieure

Il est donc logique que la reconstruction puisse emprunter plusieurs voies.

La parole permet de mettre en sens, de relier, de comprendre. Le corps permet d’accéder à des expériences qui ne passent pas uniquement par le langage : sensations de sécurité, perception de limites, retour aux ressentis ou diminution de certaines réactions automatiques.

Mais dans tous les cas, l’enjeu n’est pas de privilégier une approche au détriment d’une autre. Il est de permettre à la personne de retrouver progressivement de la flexibilité, du choix, et une sensation de vivre à nouveau son expérience de vie de manière plus libre.

Et concrètement, dans l’accompagnement ?

Dans une approche intégrative, différentes modalités peuvent se compléter selon les besoins de la personne et le moment du processus.

Certaines approches vont soutenir la mise en mots et la compréhension. D’autres vont travailler davantage la régulation émotionnelle et corporelle. D’autres encore vont permettre d’explorer des expériences nouvelles à travers le mouvement, la respiration, ou la perception corporelle.

Dans ce cadre, des pratiques comme l’hypnose, la sophrologie ou la danse-thérapie ne sont pas envisagées comme des solutions uniques, mais comme des voies possibles pour soutenir la reconstruction globale de la personne.

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Photo : Marine Canonica à Happy Pole

Le corps comme lieu de reconstruction : quand le mouvement devient une expérience de réappropriation de soi

Lorsqu’un traumatisme a marqué une personne, il ne laisse pas seulement des traces dans la mémoire ou dans les pensées. Il peut aussi transformer la manière dont on vit dans et avec son corps.

Certaines personnes décrivent par exemple une sensation de distance avec elles-mêmes : comme si le corps était devenu étranger, silencieux, ou parfois uniquement fonctionnel. D’autres parlent d’un corps qu’elles cherchent à contrôler en permanence, comme si le relâchement n’était plus possible. D’autres encore disent avoir perdu une forme de spontanéité, de plaisir ou de liberté dans le mouvement (voir mon article à ce sujet).

Dans ces situations, le corps n’est pas seulement un “support” de l’expérience : il devient parfois un espace où la sécurité, la confiance et le rapport à soi ont été altérés.

Le mouvement comme expérience, et non comme performance

Dans les approches corporelles contemporaines, le mouvement n’est pas uniquement envisagé comme une activité physique ou une expression artistique. Il peut aussi devenir une expérience de réappropriation progressive de soi.

Le mouvement permet parfois :

  • de ressentir à nouveau des sensations corporelles sans danger
  • de redécouvrir des limites et des possibilités internes
  • de sortir de l’hyper-contrôle ou de la dissociation
  • d’expérimenter la sécurité dans l’action plutôt que seulement dans la réflexion
  • de retrouver une forme de présence à soi, ici et maintenant

Ce type d’expérience ne passe pas uniquement par la performance ou la technique, mais par la qualité de présence au corps en mouvement.

Quand le corps redevient un espace habitable

Dans certaines approches issues de la danse-thérapie, de la somatique ou des pratiques psychocorporelles, le mouvement est utilisé non pas pour “corriger” le corps, mais pour permettre de nouvelles expériences internes. L’enjeu n’est pas de performer, mais de réapprendre à habiter son corps de manière plus libre et plus sûre.

Cela peut passer par des explorations simples :

  • sentir l’appui des pieds au sol
  • explorer le poids et le relâchement
  • retrouver la respiration dans le mouvement
  • expérimenter des gestes sans objectif de résultat
  • laisser émerger des formes de mouvement non dirigées

Dans ce cadre, le corps devient progressivement un lieu d’expérience, et non uniquement un lieu de tension ou de contrôle.

Une dimension souvent oubliée : le plaisir et la puissance corporelle

Dans les processus de reconstruction après des expériences difficiles, une dimension est souvent peu abordée : celle du plaisir corporel et du sentiment de puissance personnelleOr, retrouver un lien vivant au corps ne passe pas uniquement par la régulation ou l’apaisement.

Cela peut aussi passer par la redécouverte :

  • du plaisir de bouger
  • de la sensation de force ou d’ancrage
  • de la capacité à prendre sa place dans l’espace
  • de la liberté d’expression corporelle
  • d’une forme de créativité dans le mouvement

Ces expériences peuvent jouer un rôle important dans la reconstruction d’un sentiment d’identité corporelle plus stable et plus incarné.

Le lien avec des pratiques comme la danse et la pole

Certaines disciplines corporelles, comme les pratiques de danse ou les arts du mouvement, peuvent offrir un terrain particulièrement riche pour ce type d’exploration. Non pas en tant que disciplines “thérapeutiques” en soi, mais en tant qu’espaces où le corps est engagé dans une expérience complète : perception, émotion, coordination, présence, expression.

Dans ce contexte, des pratiques comme la pole dance ou la danse peuvent devenir, pour certaines personnes, des espaces où se rejoue autrement la relation au corps.

Quand le mouvement devient un accompagnement thérapeutique

Pratiquer une activité artistique ou corporelle peut déjà faire beaucoup de bien. Pour certaines personnes, la danse, la pole dance, le théâtre, les arts plastiques ou la musique deviennent des espaces de plaisir, d’expression et de reconnexion à soi.

Mais il arrive aussi très souvent que cela ne suffise pas car l’objectif de pratique artistique ne rejoint pas celui de transformation ou de guérison.

Lorsqu’une personne se sent en difficulté, qu’elle reste bloquée dans certaines réactions ou qu’elle souhaite travailler sur une problématique précise, le cadre thérapeutique apporte une dimension différente. L’objectif n’est plus de pratiquer une activité, mais d’être accompagné dans un processus de transformation, avec un professionnel qui adapte les propositions, soutient ce qui émerge et veille au sentiment de sécurité tout au long du chemin.

Cela ne signifie pas non plus qu’il faille aimer la danse ou avoir envie de suivre un cours de pole dance. Il existe de nombreuses formes d’art-thérapie, qui utilisent des médiations variées – mouvement, arts plastiques, musique, écriture, théâtre… Chaque medium possède ses spécificités et ouvre des possibilités particulières. Le choix de la médiation n’est donc pas anodin : il fait partie intégrante de l’accompagnement thérapeutique et s’appuie sur les besoins de la personne autant que sur les ressources propres de chaque pratique.

La danse-art-thérapie mobilise le corps en mouvement comme espace d’expression, de relation et de création. La pole-art-thérapie y ajoute la présence de la barre de pole, qui devient une véritable partenaire d’exploration : un appui, une résistance, un support de jeu, parfois un miroir de la manière dont nous entrons en relation avec nous-mêmes et avec notre environnement.

Une approche intégrative du corps et de l’expérience

Dans les accompagnements psychocorporels, toutes ces dimensions peuvent être mobilisées de manière complémentaire avec d’autres approches : travail verbal, mise en sens, régulation émotionnelle, hypnose ou sophrologie.

L’enjeu n’est pas de faire du corps une solution unique, mais de reconnaître qu’il peut être un lieu d’expérience essentiel dans certains processus de reconstruction (j’en parle dans cette courte vidéo).

Un lieu où l’on ne fait pas que comprendre ou analyser, mais où l’on peut progressivement réapprendre à se sentir vivant dans son propre corps.

Conclusion

Un traumatisme ne touche pas uniquement une partie de nous. Il peut influencer notre manière de penser, de ressentir, de bouger, de nous relier aux autres et d’habiter notre propre corps.

C’est pour cette raison qu’il n’existe pas une seule manière de s’en reconstruire. Les mots ont leur place. Le corps aussi. La compréhension également. L’expérience vécue tout autant.

La question n’est peut-être pas de savoir si l’on peut guérir un traumatisme par le corps. Mais plutôt de reconnaître que la reconstruction d’une expérience qui a touché autant de dimensions de la personne peut, elle aussi, mobiliser plusieurs chemins complémentaires.

Et que retrouver une forme de sécurité intérieure, de présence à soi et de liberté de mouvement, au sens large, peut parfois passer par des portes différentes, qui se répondent et s’éclairent mutuellement.

Oui, de nombreuses personnes voient une amélioration importante ou une résolution des symptômes, mais cela dépend du type de traumatisme, de sa durée et des ressources mobilisées et de ce que la personne attend comme “guérison”.

Le traumatisme influence les réactions physiologiques (stress, vigilance, émotions) et évidemment les réseaux de neurones associés. On parle parfois de mémoire traumatique corporelle, même si ce n’est pas un “stockage” au sens strict puisque la mémoire se reconstruit sans cesse et que toute nouvelle expérience modifie les traces existantes.

Dans certains cas oui, mais pas toujours. Certaines réactions automatiques nécessitent aussi un travail de régulation émotionnel et un accès par le corps pour réintégrer l’ensemble des dimensions impliquées.

Le temps peut permettre une récupération naturelle, mais il ne constitue pas en soi un traitement, d’autant plus lorsque les symptômes persistent.

Elles montrent des résultats encourageants sur certains symptômes (stress, régulation émotionnelle, sensations corporelles, intégration des souvenirs et désensibilisation), souvent en complément d’autres approches.

À propos de mon approche L’Atelier Sublime

J’accompagne des adultes qui souhaitent retrouver une relation plus sereine avec leur corps après des expériences de vie difficiles, un traumatisme, une maladie, une agression, un accident ou, plus largement, lorsqu’ils ont le sentiment d’être coupés d’eux-mêmes ou de vivre principalement “dans leur tête”.

Mon approche est intégrative. Elle s’appuie sur les connaissances scientifiques en psychologie et combine, selon les besoins de la personne, différentes approches telles que l’hypnose, la sophrologie, la danse-art-thérapie et la pole-art-thérapie. Mon objectif n’est pas d’opposer le corps et la parole, mais de permettre à chacun de mobiliser les ressources les plus adaptées à son parcours.

À propos de l’autrice

Caroline Cuny, fondatrice de L’Atelier Sublime, est docteure en psychologie, hypnothérapeute, sophrologue et danse-art-thérapeute. Elle accompagne les adultes dans la reconstruction du lien au corps, notamment après des expériences de vie ou transitions de vie difficiles, et intervient également auprès des entreprises sur les liens entre corps, santé mentale et performance durable.