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ToggleHypnose et danse-thérapie : quand l’inconscient trouve son mouvement
Quand les mots ne suffisent plus
Il arrive un moment où parler ne suffit plus.
Non pas parce que la parole serait inutile, mais parce que certaines expériences ne se logent pas uniquement dans les mots. Elles s’inscrivent aussi ailleurs : dans le corps, dans les sensations, dans les élans retenus ou les tensions chroniques.
Dans l’accompagnement thérapeutique, cette réalité apparaît souvent chez les personnes très conscientes, très analytiques, très performantes. Elles comprennent vite. Elles expliquent bien. Et pourtant, quelque chose résiste, comme si le changement ne pouvait pas advenir uniquement par le mental.
C’est là que le travail avec le corps et avec l’inconscient prend tout son sens.
L’hypnose et la danse-thérapie ouvrent alors un espace différent : un espace où le corps devient un chemin, et où l’inconscient peut enfin se dire autrement.
L’inconscient : un phénomène corporel avant d’être mental
L’inconscient ne s’exprime pas en phrases
L’inconscient ne fonctionne pas selon une logique discursive.
Il s’exprime par images, sensations, émotions, mouvements, impulsions ou inhibitions. Il parle le langage du corps bien plus que celui des mots.
Certaines réactions semblent automatiques :
une tension qui apparaît sans raison apparente,
un mouvement retenu,
une émotion disproportionnée,
une difficulté à se détendre ou à ressentir du plaisir corporel.
Ces manifestations ne sont pas des “problèmes à corriger”, mais des formes de communication.
Corps, émotions et régulation
Le corps joue un rôle central dans la régulation émotionnelle.
Il conserve la trace des expériences vécues, non pas sous forme de souvenirs narratifs, mais sous forme de sensations brutes, de schémas corporels, de postures, ou encore de modes d’adaptation.
Travailler avec l’inconscient implique donc, très souvent, de passer par le corps, plutôt que de chercher à convaincre le mental.
L’hypnose : accéder à l’inconscient par la visualisation et les états de conscience modifiés
L’hypnose thérapeutique : un état de conscience particulier
L’hypnose thérapeutique repose sur l’induction d’un état de conscience modifié.
Il ne s’agit ni de sommeil, ni de perte de contrôle, mais d’un état de focalisation attentionnelle spécifique, dans lequel l’imaginaire, les perceptions internes et les sensations corporelles prennent une place centrale. Elle utilise pleinement la fonction de simulation décrite dans la cognition incarnée.
Dans cet état, l’activité mentale change de qualité :
l’attention se tourne vers l’intérieur,
le rapport au temps se modifie,
les frontières entre pensée, sensation et image deviennent plus souples.
La visualisation mentale comme outil de transformation
La visualisation mentale est un élément-clé de l’hypnose.
L’inconscient réagit fortement aux images, aux métaphores, aux scénarios internes. Une image ressentie corporellement peut produire des effets réels sur les émotions, les sensations et les comportements.
Visualiser, ce n’est pas “imaginer pour faire semblant”.
C’est activer des réseaux sensoriels, émotionnels et corporels profonds. C’est permettre à l’inconscient de mobiliser ses propres ressources, à son rythme.
Cette dimension fait de l’hypnose un outil particulièrement performant lorsque la personne a besoin de sécurité, de contenance et de transformation en douceur (lire mon article complet ici).
La danse-thérapie : quand le corps devient langage
Qu’est-ce que la danse-thérapie ?
La danse-thérapie est une forme de thérapie par le mouvement, qui utilise la danse comme médiateur principal du processus thérapeutique.
Il ne s’agit pas de performance, ni d’esthétique, ni de “savoir danser”.
Le mouvement devient ici un support d’expression, de symbolisation et de transformation. Il permet d’accéder à des contenus internes difficilement accessibles par la parole seule (lire mon article pour en savoir plus ici).
Le mouvement comme voie d’intégration
Dans la danse-thérapie, le corps ne raconte pas une histoire : il la vit, il la traverse, il l’intègre.
Le mouvement permet notamment :
de réduire la dissociation entre corps et esprit,
de restaurer le sentiment d’unité corporelle,
de transformer des émotions figées en expérience vécue et intégrée.
Le corps n’est plus un objet à contrôler, mais un espace vivant, sensible, libre de décider des orientations à suivre.
Hypnose et danse-thérapie : une alliance naturelle
Hypnose et danse-thérapie : deux portes d’entrée vers l’inconscient
L’hypnose et la danse-thérapie travaillent avec le même espace interne, et par des voies différentes.
L’hypnose ouvre une porte interne, sensorielle et imaginaire.
La danse-thérapie ouvre une porte incarnée, motrice et expressive.
L’une passe par l’image simulée et ressentie, l’autre par le geste vécu. Les deux dialoguent directement avec l’inconscient (au sens de la psychologie scientifique pas freudienne).
Sécurité, élargissement et intégration
L’hypnose peut offrir un cadre de sécurité et de contenance, facilitant l’accès à des contenus élargis.
La danse-thérapie permet ensuite d’ancrer, d’intégrer et de transformer de façon créative ces contenus dans le corps réel, en mouvement.
Cette complémentarité rend le processus à la fois efficace et durable.
La pole-art-thérapie : une extension originale de cette approche
La barre de pole comme médiation thérapeutique
La pole-art-thérapie s’inscrit dans cette continuité. La danse à la pole devient une médiation corporelle puissante, mobilisant :
la verticalité,
le rapport au poids et à la gravité,
la relation au regard,
la puissance, la sensualité et la confiance corporelle.
Elle engage le corps dans un dialogue symbolique particulièrement riche.
De la danse-thérapie à la pole-art-thérapie
La pole-art-thérapie reprend les fondements de la danse-thérapie (et de la danse-art-thérapie), mouvement, expression, sensorialité, tout en y ajoutant une intensité corporelle spécifique.
Elle s’adresse notamment aux personnes qui souhaitent se réconcilier corporellement et émotionnellement, se réapproprier leur corps, leur image et leur puissance, après des expériences de coupure, de contrôle ou de blessure corporelle.
Corps, performance et monde de l’entreprise : réintégrer l’intelligence du corps
Quand la performance repose sur la mise à distance du corps
Dans le monde de l’entreprise, et plus particulièrement chez les femmes occupant des postes à responsabilités, le corps est souvent relégué à l’arrière-plan.
Il est mobilisé comme un outil fonctionnel – pour tenir, pour produire, pour s’adapter – mais rarement reconnu comme une source d’information ou de régulation.
Cette mise à distance n’est pas anodine.
Elle s’accompagne fréquemment d’un contrôle accru, d’une hyper-sollicitation mentale et d’une forme de coupure sensorielle progressive. Le corps devient silencieux, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus l’être : fatigue chronique, tensions persistantes, perte de motivation, difficultés à se sentir alignée ou pleinement présente.
Le corps comme levier de santé mentale et de performance durable
Les approches corporelles, telles que l’hypnose et la danse-thérapie, proposent un changement de regard :
le corps n’est plus un obstacle à la performance, mais un levier de régulation, de clarté et de solidité intérieure.
L’hypnose, par le travail de visualisation et les états de conscience modifiés, permet de restaurer des capacités d’adaptation élargies, souvent mises à mal ou invisibilisées par la pression constante.
La danse-thérapie, par le mouvement, réintroduit une intelligence sensible, favorisant l’ancrage, la présence et la créativité.
Dans un contexte professionnel, ces approches ouvrent des perspectives nouvelles en matière de :
santé mentale au travail,
prévention de l’épuisement et du désengagement,
leadership incarné,
accompagnement des femmes soumises à de fortes exigences de performance.
Il ne s’agit pas de “faire entrer la thérapie dans l’entreprise”, mais de reconnaître que le corps est déjà là et qu’il peut devenir un allié plutôt qu’un facteur d’usure silencieuse (en savoir plus sur la danse-thérapie et l’épuisement professionnel).
Hypnose et danse-thérapie : pour qui cette approche est particulièrement pertinente ?
Cette approche intégrative peut être pertinente pour :
des femmes très performantes, en quête de sens et d’alignement,
des personnes coupées de leurs sensations corporelles,
celles pour qui les approches purement verbales atteignent leurs limites,
celles qui souhaitent un chemin de transformation respectueux du rythme du corps.
Hypnose et danse-thérapie : quand le corps devient le chemin
L’inconscient ne demande pas à être forcé. Il demande à être écouté, senti, vécu.
Lorsque le corps retrouve sa place, par l’hypnose, le mouvement, la danse ou la pole-art-thérapie, le changement ne se pense plus seulement : il s’incarne.
FAQ - Hypnose, danse-thérapie et approches corporelles
L’hypnose et la danse-thérapie travaillent toutes deux avec l’inconscient, mais par des voies différentes.
L’hypnose mobilise principalement la visualisation mentale, l’imaginaire et les sensations simulées dans un état de conscience modifié.
La danse-thérapie, elle, s’appuie sur le mouvement corporel pour permettre l’expression, la créativité et l’intégration de l’expérience.
Ces deux approches sont complémentaires et peuvent se renforcer mutuellement.
Non.
Même si l’hypnose utilise la visualisation et l’imaginaire, ses effets sont corporels. Les images mentales activent des sensations, des émotions et des réponses physiologiques réelles.
L’hypnose est donc un outil puissant de régulation corps-esprit, et non une simple technique mentale.
Absolument pas.
La danse-thérapie ne repose ni sur la technique, ni sur l’esthétique, ni sur la performance.
Le mouvement y est utilisé comme un langage, accessible à toutes et tous, quel que soit le rapport préalable au corps ou à la danse.
La pole-art-thérapie s’inscrit dans la continuité de la danse-thérapie, tout en utilisant la pole comme médiation spécifique.
Elle mobilise des dimensions symboliques fortes : verticalité, rapport à la gravité, puissance, confiance, image corporelle et relation au regard.
Elle s’adresse particulièrement aux personnes souhaitant se réapproprier leur corps, leur sensualité et leur puissance, dans un cadre thérapeutique sécurisé.
Oui, et souvent de manière particulièrement pertinente.
Les personnes très rationnelles disposent généralement d’un fort contrôle cognitif, et peuvent être plus éloignées de leurs sensations corporelles.
Les approches corporelles permettent alors de rééquilibrer le fonctionnement global, sans opposition entre rationalité et sensibilité.
Oui, à condition d’adapter le cadre et les objectifs.
Dans un contexte professionnel, ces approches peuvent soutenir la santé mentale, la régulation du stress, la prévention de l’épuisement et le développement d’un leadership plus incarné.
Il ne s’agit pas de thérapeutique individuelle au sens clinique, mais d’un travail sur les ressources, la présence et l’équilibre corps-esprit.
Ces approches sont particulièrement pertinentes pour :
les femmes très performantes ressentant une coupure avec leur corps,
les personnes pour qui les approches uniquement verbales ne suffisent plus,
celles qui souhaitent un accompagnement respectueux du rythme du corps,
les contextes où la pression mentale est forte et durable.

